Note d’intention : Conçu comme une « folie » paysagère contemporaine, Le Banquet de l’Anthropocène est une grande installation éphémère in situ à la croisée de la sculpture botanique, du cubisme urbain et du recyclage industriel. Le projet pose un regard critique sur la logique productiviste et consumériste, tout en célébrant la force de reconquête et la résilience de la biodiversité paysanne. L’espace s’articule autour de deux sections principales qui dialoguent de part et d’autre d’un cheminement immersif en bois recyclé.
1. Scénographie et Installations Fondamentales
A. La Tour du « Cubisme Éphémère » (conception : Tedrub et Wollo) Véritable signal visuel du jardin, cette structure monumentale incarne la fragilité des systèmes industriels face au vivant.
- Matérialité et Architecture : Constituée de volumes sculpturaux en carton résiné – un matériau à la fois hydrofuge et biodégradable –, la tour s’inspire des principes de l’architecture déconstructiviste et cubiste. Cet empilement instable et volontairement chaotique de grandes boîtes déformées évoque les silhouettes vacillantes des gratte-ciels ou la saturation des containers d’expédition.
- La Colonisation Botanique : Loin d’être inertes, ces volumes de carton se font l’écrin d’une nature foisonnante. Détournés en supports de culture, ils accueillent une sélection végétale pointue et luxuriante, privilégiant les légumes anciens et les plantes aromatiques à croissance rapide.
- Dynamique du vivant : Au fil des mois, la flore (haricots grimpants issus de semences paysannes anciennes, tomates cerises, romarin, courges coureuses) s’échappe des interstices, enserrant et étouffant littéralement l’architecture. La structure devient nourricière : le carton, en se dégradant lentement sous l’action combinée de l’arrosage et des racines, se mue en humus. C’est une métaphore vivante de la nature digérant l’industrie.



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