Le Monument Français

Descriptif

Au milieu des rangs de vignes du Sud, une Tour Eiffel déformée, tordue, presque dansante, s’élève comme un totem absurde et tendre.

Elle est entièrement construite avec des pieds de vigne arrachés : vieux ceps tordus, racines gnarled, troncs noircis par le temps, assemblés en structure cubiste abstraite. La forme originelle de la tour est reconnaissable mais distordue, comme si le vent de mistral et le soleil de Provence l’avaient tordue dans un geste expressionniste.

C’est un mobile géant : des parties de la structure sont suspendues et oscillent légèrement au gré du vent, créant un mouvement lent et hypnotique. Les éléments de fer et de cep sont traités en chrome brillant aux couleurs de Picasso (bleus profonds, roses, ocres, verts acides, noirs et blancs) qui captent et renvoient la lumière méditerranéenne comme autant de facettes cubistes.

Sur les surfaces chromées, Tedrub a laissé libre cours à son écriture polymorphe : griffonnages Basquiat (couronnes, mots bruts, figures primitives), silhouettes et traits énergiques hérités de Keith Haring, aplats et rythmes abstraits de Wollo.

Autour du Monument, l’esprit de la Farandole des aromatiques s’infiltre discrètement : quelques stations olfactives (thym, romarin, sauge, immortelle…) sont plantées en cercle, invitant le visiteur à froisser une feuille avant de s’approcher de la tour. La farandole se sent, le Monument se voit et s’entend (grincements légers du mobile).

Signature Tedrub assumée : grotesque, tendre, recyclé, et profondément ancré dans la terre de la vigne.


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